12ème jour – le 18 mai – l’angoisse de la page blanche

Un quatrième étage quelque part dans le vieux Puy, 21 h, soleil couchant.

La page blanche. Chaque matin, une nouvelle page blanche s’offre à moi. J’ai les crayons, les pastels, les peintures. Je la colorie comme je veux. Je peux la peindre en noir ou la colorer de mille couleurs de joie. Je suis le seul maître de ma journée, de mes émotions, de la façon de l’aborder, cette journée nouvelle. Et chaque matin, une nouvelle page blanche.

Je l’enseigne le matin lors d’un court moment de méditation, avant de partir, avant de se lancer dans l’aventure, pour s’apaiser des préparatifs. Chaque jour sur le Chemin, c’est une nouvelle page blanche. J’ai peut-être des douleurs, des émotions agréables ou désagréables. Je devrai vivre avec celles-ci et adapter ma journée en les respectant.

Ce matin, il n’y avait personne. Pas de page blanche à enseigner. Une page blanche pour moi.

Marie-Virginie m’invite à suivre une réunion organisée par le département de la Haute-Loire sur la thématique des Grands itinéraires culturels. En route pour la Chaise-Dieu, site magnifique et emblématique. Un consultant meuble l’écran blanc d’un powerpoint coloré. Nous travaillons par atelier sur une page blanche. Nous répondons à des questions. J’en sors dubitatif. Quel était la question?

Et ce soir, que raconter de ma journée? La page blanche de l’écrivain.

Et vous? Comment avez-vous colorié votre page blanche?