15ème jour – le 21 mai – Marcher pour se re-poser.

Quelque part sur le chemin – 9h30 – soleil généreux, chaleur après le froid vif du départ. Les couches de vêtements s’enlèvent.

Les groupes s’égrainent sur le chemin. Petites grappes de deux, trois, quatre ou même 10 randonneurs.

J’accompagne quelques marcheurs et j’entends: « Tu sais ce que m’a dit ma sœur lorsque je lui ai dit que je partais 7 jours sur le St Jacques? Partir marcher, mais ce ne sont pas des vacances. Tu vas revenir fatiguée, épuisée! Alors, que regarde: nous marchons au soleil, en pleine nature, avec des paysages magnifiques, entre amis, et ce soir, je ne dois même pas préparer à manger. »

« Ce que je préfère comme plat et je ne m’en lasse jamais. Je prends une salade de roquettes, quelques tomates cerises, un filet d’huile d’olives, un trait de citron et 2 tranches de saumon fumé. Un délice! »

Marcher pour se reposer. Marcher pour se poser, un moment. Marcher pour retrouver goût aux petites choses simples de la vie. Marcher pour reprendre contact avec la nature, sa nature. pour sentir son corps bouger, pour ressentir la faim, la soif,  un petit goût d’aventure en bouche. Le soir, fourbu, dormir d’un sommeil lourd, chassant les tensions d’une vie quotidienne, ailleurs, si souvent déconnectée.

Oui, marcher, c’est tout cela. Et marcher en groupe, c’est aussi se relier aux autres, chasser la solitude, un partage de joies et de difficultés, sans frontière, dans le même bain, parfois en s’y noyant.

Combien de fois ai-je ressenti ce mélange, délicat à doser, entre l’envie de me laisser bercer par le groupe, sécurisant, et le besoin de me retrouver seul, dans le silence de mes pas?

Et vous?