5ème jour – le 11 mai – Ce n’est que quand tu t’écartes du chemin que le chemin apparaît.

Pied de la cathédrale, 8 heures, ciel plombé, quelques gouttes de pluie.

Quelques gouttes de pluie deviennent une bonne drache comme on dit en Belgique. Ce n’est pas une simple averse, mais une pluie continue sous un vent fort. Je me met à l’abri du porche pour attendre mes hypothétiques futurs randonneurs. Danielle, une dynamique bénévole accueillante au gîte de St Jacques, me présente 2 jeunes débutants, Romain et Benjamin. Ils s’engagent sur le chemin jusqu’à Santiago. Ils n’ont jamais pratiqué la randonnée et se lancent en autonomie. Benjamin soulève son sac et hop, la tente tombe déjà.

Après un bon quart d’heure à essayer d’accrocher la tente 2 secondes de Décathlon, nous pratiquons les premiers étirements, sous le porche. « Que cela fait du bien, je me sens tout léger » s’exclame Benjamin.  Nous nous équipons contre la pluie et partons en quête d’un peu de nourriture car ils n’ont rien emporté qu’un sachet de chips avec eux. « De toute façon, nous nous ferons cuire quelque chose sur le réchaud » dit l’un « Mais je n’ai pas de réchaud, juste une casserole. » répond l’autre.

Nous partons enfin vers le chemin et je leur apprends les rudiments de la marche afghane. Nous ne traînons pas car le temps ne se prête pas à la flânerie. Nous discutons du bivouac et je leur donne quelques conseils basé sur mon expérience du bivouac et camping sauvage. « Tu me passes la bouteille d’eau. » « Euh, il n’y a pas de bouteille d’eau » « Bon, j’ai dû la perdre, on se débrouillera. » répond-t-il avec un sourire  naturel.

Nous arrivons au hameau de La Roche. Un énorme remerciement pour mes conseils et petits trucs… et ils suivent leur chemin. Ultreia, Romain et Benjamin! Je vous souhaite d’atteindre Santiago.

De retour, 3 canadiens me demandent si je reviens de St Jacques. Je leur explique que j’accompagne les pèlerins sur les premiers 5km en pratiquant des exercices de respiration et autres. Très intéressés car monsieur ne parvient pas à respirer et à se détendre, je leur donne les rudiments de la marche afghane. Enthousiastes, ils me remercient bien et partent joyeux. « J’ai appris la respiration afghane, j’ai appris la respiration afghane! » 😉

« Ce n’est que quand tu t’écartes du chemin, que le chemin apparaît » comme le disait Roumi, maître ultime du soufisme.