6ème jour- le 12 mai – où on en apprend tous les jours.

Pied de la cathédrale – 8h – éclaircies en vue.

J’arrive et les pèlerins sortent déjà. Cette fois, la messe a été expéditive et ils sont sortis plus tôt.

Je retrouve Monique et Patrick, Nathalie et Thomas, Estelle qui arrive en courant. Tout de suite, le courant passe bien et nous discutons chaussures, équipement tout neuf des uns, petit problème de sac des autres. Nathalie et Thomas partent jusqu’à Santiago. Avec Estelle, ils sont novices en randonnée.

La rue des Tables descendue, nous pratiquons une petite méditation de météo intérieure pour se recentrer. Après les mouvements énergisants et d’étirements, quelques conseils en cas d’orage, nous déambulons en marche afghane dans les rues jusqu’à la place du Plot. Nathalie et Thomas doivent nous quitter pour faire leurs achats de nourriture.

Je continue donc avec le reste du groupe à approfondir les mouvements respiratoires pour attaquer la montée. Après une initiation aux pièges du balisage, quelques recommandations sur l’orientation et points de vue à admirer, nous arrivons sur le plateau dans le soleil et une douce chaleur. Estelle me dit que c’est génial, elle n’a pas vu passer la montée de 150 m de dénivelées que nous venons de faire.

Nous cheminons avec une bonne concentration et en silence, puis échangeons sur nos expériences respectives.

Arrivés à l’entrée du hameau de La Roche, il m’en manque 2. Je les vois arrêtés à 50m en discussion avec un monsieur croisé précédemment. Ils reviennent à 3. Ils désirent suivre l’itinéraire par Bains sur les conseils du monsieur. Nous avions abordé à la lecture des panneaux le fait qu’il existait un autre itinéraire par Bains balisé, débalisé, puis rebalisé, bref polémique. Fallait-il le leur déconseiller ou pas? D’autant plus qu’en rencontrant le groupe de dames flamandes, l’avant-veille, elles m’avaient montré leur topo-guide néerlandais reprenant cet itinéraire. Je le leur avais déconseillé pour éviter de se perdre. Patrick me rassure: muni de sa carte et de son gps, ils ne se perdront pas. A court d’arguments et décontenancé, je les laisse  donc suivre ce monsieur qui leur propose de les guider.

Un quart d’heure plus tard, mon franc tombe. Zut, crédule que je suis, si cela se trouve, c’est le fameux bonhomme contre lequel on met en garde le long du chemin pour éviter de se perdre. Ne l’ayant jamais vu, alors que j’ai déjà parcouru le sentier quelques dizaines de fois, avec sa bonhomie, sa dégaine locale et sa connaissance du coin, je ne me suis pas méfié. Tous les jours, je croise des promeneurs des hameaux  proches. Heureusement, Monique et Patrick sont loin d’être des débutants. Inquiet, je vais vérifier si Estelle est bien arrivée au gîte, d’autant que l’orage est annoncé.